Ayasofya
Parlons-en… avec sagesse

Depuis quelques jours, voire quelques semaines, c’est un raz de marée médiatique qui s’est abattu sur le monde entier : Sainte-Sophie, une mosquée ! Une église qui devient une mosquée ? Une basilique devient un lieu de prière ? Le symbole du christianisme (non-schismatique d’abord, orthodoxe ensuite) devient un endroit où de vils mahométans accomplissent leur culte ? C’est intolérable

 

I. Son traitement médiatique dans la presse francophone

Rappelons brièvement les différents opinions et informations que nous avons pu lire dans les journaux francophones.

a) À la date du 11 juillet 2020, le journal Aujourd’hui en France affirme que la reconversion de Sainte-Sophie est une décision stratégique de la politique d’Erdogan, que la reconversion de Sainte-Sophie était devenu un sujet souvent mis au gout du jour depuis l’arrivée de l’AKP et que ce sont des « milieux islamistes » qui demandent la reconversion du musée. [1]

b) Ensuite, dans son numéro du samedi 11 et dimanche 12 juillet, le Figaro soutient que le Conseil d’État, reniant sa propre jurisprudence « fait valoir que Sainte-Sophie est, depuis la conquête ottomane, la propriété de la Fondation Fatih Sultan Mehmet-Han (du nom du sultan Mehmet II), et que les statuts de cette fondation en garantissent l’utilisation comme mosquée, interdisant tout autre usage. En clair, que le fondateur de la République, Atatürk, n’aurait jamais dû en faire un musée.»[2]

c) Comme dans d’autres articles, celui de Le Monde du 12 et 13 juillet dernier saluait la transformation d’Ayasofya en musée mais s’offusque maintenant de sa reconversion en mosquée. Et partage avec les lecteurs, le mécontentement de diverses personnalités comme la Ministre grecque de la culture Linda Mendoni qui affirme que cette décision « ramène le pays six siècles en arrière » [3]

d) L’OBS du 14 juillet est beaucoup moins acerbe et essaie de présenter correctement les faits même s’il ne va toujours pas dans le détail et reste au niveau de l’explication politique et idéologique de l’action. « C’est, aussi, un message aux Occidentaux : il faut désormais compter avec la « Nouvelle Turquie », une Turquie fière de son identité islamique et qui entend s’affirmer en tant que telle sur la scène internationale. »[4]

Néanmoins, les meilleurs éléments se trouvent dans les éditos et cartes blanches… Ils transpirent l’européocentrisme, l’ignorance et l’irascibilité verbale teintée de turcophobie voire d’islamophobie.

e) Dans l’édito du 12 juillet dernier publié dans Le Point et signé par Kamel Daoud qui aurait dû se contenter d’écrire des bouquins au lieu de s’ériger spécialiste de la Turquie et de l’histoire turque.

Nous pouvons remarquer qu’il fait référence à Sainte Sophie toujours en tant que basilique et que ce serait un monument international. Ensuite il fait un rapprochement entre cette reconversion et les destructions commises par divers groupes : « il y a même quelque chose de commun, dans les intentions, entre la « conversion », au pas de charge, de la basilique et la destruction des bouddhas par les talibans il y a quelques années, ou le vandalisme contre les églises dans le territoire de l’État islamique » et il continue en affirmant « […] on voit déjà dans la volonté d’Erdogan de s’offrir, avec le rapt de la basilique, une mosquée géante […] qui fera « oublier » entre autres, le dossier libyen […] ».[5]

f) Attention présence de FOG, lisez doucement.

Et non il n’est pas question ici de brouillard mais bien de Franz-Olivier Giesbert qui dans un édito plus que brumeux, publié dans Le Point le 17 juillet 2020, tente d’analyser l’évènement avec une pensée de mauvais orientaliste, de conspirationniste, qui met en garde contre le « péril turc ».

Titrant son édito avec un titre rappelant le danger des Turcs « Au secours ! Les Ottomans reviennent ! », il commence par nous avertir qu’« Erdogan vient de nous donner une nouvelle preuve qu’il était l’incarnation d’un état d’esprit consistant à éradiquer toutes les traces de l’Histoire quand elle dérange».

Il poursuit par un bref « historique » du monument : « c’est un édifice qui symbolise le passé chrétien de l’Empire romain d’Orient jusqu’à son invasion par les Turcs, ottomans musulmans, à l’origine des nomades guerriers apparentés aux Mongols, venus des steppes asiatiques, qui avaient, comme Attila, la réputation de tout écraser sur leur passage ». Il se lance ensuite dans une théorie conspirationniste sur l’entrisme de la Turquie dans le CFCM[6] qu’elle contrôlerait. Et termine par une magnifique citation de Chateaubriand « Je dois remarquer que j’ai été le seul, avec Benjamin Constant, à signaler l’imprévoyance des gouvernements chrétiens : un peuple dont l’ordre social est fondé sur l’esclavage et la polygamie est un peuple qu’il faut renvoyer aux steppes des Mongols. »[7] Mais tout va bien car M. Giesbert dit qu’il ne faut pas l’approuver… Pourquoi le citer alors ? Bref.[8]

g) Enfin, le dernier édito qui sera relevé sera celui publié dans Les Échos, ce lundi 20 juillet et signé par Dominique Moïsi, géopolitologue de renom.

Ce dernier qualifie la reconversion de Sainte-Sophie de « défaite de l’universalisme » et l’acte d’Atatürk de volonté d’ouverture au monde et s’attriste par conséquent qu’elle redevienne une mosquée car elle serait universelle. Toutefois, il se contredit quand il prend en exemple Notre Dame de Paris : « Il y a un peu plus d’un an, l’incendie de Notre-Dame de Paris avait ému le monde entier.

Les images spectaculaires de la cathédrale en feu avaient fait le tour de la planète, suscitant un exceptionnel élan de générosité. Notre-Dame de Paris était devenue, au même titre que le Louvre ou la tour Eiffel, l’un des symboles iconiques de la Ville Lumière. La cathédrale, célébrée par Victor Hugo, n’était pas seulement chère au coeur des chrétiens et des Parisiens. Elle était tout simplement devenue une des « merveilles du monde » – un hommage au divin – qui traduisait et célébrait la grandeur de l’homme. Il en est des bâtiments, comme des oeuvres musicales. Certains par leur beauté sont devenus, non seulement universels, mais intemporels. Salieri, le grand rival de Mozart, n’est qu’un compositeur du XVIIIe siècle, talentueux certes, mais limité. Mozart transcende son époque, comme peuvent le faire les plus grands des compositeurs, de Bach à Chostakovitch. Sainte-Sophie se situe dans cette catégorie de monuments qui appartiennent tout naturellement à l’humanité tout entière. La réduire à la célébration d’un culte, c’est l’appauvrir. Comment passera-t-on du musée à la mosquée ? ».

Plus loin, il s’emmêle les pinceaux en affirmant dans une phrase confuse que l’Islam est en recherche de légitimité : « Le « petit dernier des monothéismes » dans sa quête de légitimité en veut « toujours plus », surtout après des siècles d’humiliation géopolitique et de rétrécissement géographique. »[9]

S’il est possible de multiplier les avis, les articles, les chroniques et les éditos, nous pouvons comprendre qu’ils tournent tous autour de ces mêmes idées : le caractère international ou universel d’Ayasofya qui ne peut être un lieu de culte, la grandeur d’Atatürk qui offre ce monument à l’humanité, la reconversion en mosquée qui ne peut être que du fait d’Erdogan ou des milieux islamistes, le Turc musulman qui n’est qu’un destructeur et une menace pour l’« Occident ».

II. Sainte-Sophie, qu’est-ce que c’est ?

Commençons par expliquer ce qu’elle était.

La première version de la basilique fut construite sous l’Empereur Constance II en 360, sur le site d’un temple dédié à Apollon. Toutefois, elle fut détruite et reconstruite à cause des différentes émeutes sévissant dans Constantinople. C’est au VIè siècle que sa deuxième et dernière version vit le jour sous le règne de Justinien qui ordonna sa reconstruction en 532. Terminée en 537, elle sera d’une architecture sans précédent qu’il est toujours possible d’admirer. Elle servira d’église ensuite jusque 1453.

Entretemps, elle connut de nombreux dommages à cause des séismes mais aussi à cause du pillage mené par les croisés lors de la 4ème croisade. Lors de la prise de Constantinople par les Ottomans, Mehmet II la transforme en mosquée et c’est le statut qu’elle gardera jusqu’en 1934 avec de multiples rénovations et ajouts. À cette date, elle est transformée en musée, fermée au culte musulman et les immenses panneaux aux noms d’Allah, du prophète Muhammad, de ses petits-fils et des califes furent enlevés et sera un musée jusqu’au 10 juillet 2020. Finalement, elle redevient une mosquée.

III. Comment et pourquoi est-elle redevenue une mosquée ?

Si depuis les années 50 et plus spécifiquement les années 70, nous pouvons apercevoir des mouvements qui souhaitaient sa retransformation en mosquée, c’est au début des années 2000 que des actions sont intentées en justice.

Créée en 2004 par Ismail Kandemir, un ancien professeur de mathématique, l’Association pour le service aux fondations pieuses permanentes, aux monuments historiques et à l’environnement[10] intenta son premier procès en 2005 qui se conclura par un refus. Kandemir continua sa lutte juridique pendant près de 15 ans avant que le Conseil d’état annule la décision de 1934. Les arguments de Kandemir et son association pour la réouverture d’Ayasofya étaient multiples : le monument serait une fondation pieuse mentionnée dans l’acte de fondation signée par le Sultan Mehmed II qui exprime explicitement que ce monument devra être utilisé comme mosquée et rien d’autre ; les signatures sur le décret de 1934 seraient non authentiques, la signature d’Atatürk serait un faux et le décret ne serait pas apparu au journal officiel.[11]

Une fondation pieuse ou waqf dans le droit islamique, est une donation à perpétuité qui devient par conséquent inaliénable pour laquelle le but et les personnes qui peuvent en jouir doivent être spécifiés dans l’acte de fondation. Durant l’Empire ottoman, leurs statuts étaient protégés par la loi, basée sur le droit islamique. Cette protection était également accordée pendant la guerre d’Indépendance turque à partir de 1920 par la Grande Assemblée nationale[12] par la mise en place du ministère de la Sharia et des waqf[13]. Toutefois, le 3 mars 1924, en même temps que la dissolution du Califat, que la fermeture des médersas, ce ministère sera également dissout et par la même occasion sera créé la Diyanet, la présidence des affaires religieuses, soumise à l’État et la Direction générale des fondations[14]. Cependant, il n’y avait encore aucune loi régissant le statut des fondations dans la récente République turque jusqu’en 1926 qui à cette date se dote d’un code civil[15]. Dans ce dernier, le terme waqf (vakıf en turc) n’apparait pas, il est remplacé par le terme tesis qui en est un synonyme mais il y a dans ce choix une volonté de s’éloigner ou de se différencier du concept islamique[16]. Il est à noter que les articles 73 à 81 (image ci-dessous) de ce nouveau code ne concernent que les fondations qui seront créées par la suite et non les fondations qui existaient déjà.

Code civil turc, Journal officiel, 4 avril 1926.
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Mais la loi n°864 publiée au Journal officiel le 19 juin 1926 va en quelque sorte protéger, théoriquement du moins, les fondations datant de l’Empire ottoman car l’article 1 dispose que les événements et les actes ayant eu lieu avant l’adoption du code civil devront être jugés selon le droit qui était en vigueur à leur époque[17]. L’article 8 précise aussi que ces fondations acquerront bientôt un nouveau statut juridique[18]. C’est en effet en 1935, avec l’aide d’un juriste suisse, Hans Leeman, qu’une loi des waqf [19] voit le jour et qui réglemente les fondations datant d’avant le code civil de 1926.  Finalement, en 2008, une nouvelle loi des waqf est adoptée[20] qui réunit les fondations d’avant 1926 et d’après 1926 sous la responsabilité de la Direction générale des Fondations protégeant davantage les droits des fondations et de leurs fondateurs[21].

              Pour en revenir à Sainte-Sophie, c’est donc entre 1926 et 1935 qu’elle est transformée en musée. Légalement, étant donné que la mosquée faisait bel et bien partie de l’acte de fondation du Sultan Mehmet II qui avait stipulé précisément que ce monument doit être utilisé en tant que mosquée et seulement en tant que mosquée[22], l’État n’avait aucun droit de changer son statut de lieu de culte. Donc pour répondre au Figaro du samedi 11 et dimanche 12 juillet (point b), effectivement Atatürk n’aurait pas dû en faire un musée. Néanmoins, le problème que nous pouvons remarquer c’est que sur le décret du 24 novembre 1934, il est dit que « la mosquée n’appartient à aucune fondation même si elle a été financée par les sultans et le peuple »[23] alors que c’est totalement faux. De plus, le décret n’apparait réellement pas dans le Journal officiel. La question se pose alors : n’avaient-ils pas connaissance de l’acte de fondation ou bien l’ont-ils ignoré dans le mouvement de laïcisation et de sécularisation dans lequel s’était lancé Atatürk ? Le plus étrange c’est que le 19 novembre 1936, alors que se poursuivaient les recensements de la Direction générale des actes de propriétés et du cadastre, le terrain de Sainte-Sophie et le monument sont enregistrés comme mosquée et appartenant à la fondation du Sultan Mehmet II[24].

Acte de propriété d’Ayasofya Kebir Camii Şerifi, Vakıflar Genel Müdürlüğü (Direction générale des Fondations)
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Un des arguments avancés par le président de l’Association dans le but de reconvertir Ayasofya était que la signature d’Ataturk était un faux car elle ne ressemblerait pas à sa signature habituelle :

En effet, nous pouvons remarquer que la signature du président était différente dans le décret de 1934 :

Nous pourrions de ce fait dire qu’elle a été imitée ou que le document est un faux, mais il existe une explication moins spectaculaire et plus logique. Le jour de la signature du décret, le 24 novembre 1934, c’est également le jour de l’adoption du nom de Atatürk par le président[25]. C’est pourquoi, dans le décret de conversion du monument en musée, nous pouvons voir sa première signature avec ce nom. Comme autres preuves, il utilisera le même style de signature dans plusieurs décrets le même jour et les jours suivants[26]. C’est donc bien lui qui a signé le document et qui en est responsable.

Les transformations illégales des statuts des anciens monuments étaient monnaie courante à l’époque car il y avait une volonté de s’éloigner de l’Islam et de séculariser la société. En 1945 par exemple, durant la présidence d’Ismet Inönü, une quinzaine de monuments datant de l’Empire ottoman voire plus anciens encore, mosquées, médersas et dergah sont transformés soit en musées soit en dépôts[27] :

Parmi ceux-ci se trouvait la mosquée Kariye à Istanbul qui était auparavant une église, appelée Saint-Sauveur in Chora. Cette dernière fut aussi l’objet d’un procès de la part de l’association précitée, qui en sortit victorieuse en 2019. Le Conseil d’État avait évalué qu’il était illégal qu’elle soit convertie en musée car elle faisait aussi partie d’un acte de fondation et annula de ce fait la décision de 1945. Mais elle reste encore aujourd’hui de facto un musée. Elle pourrait redevenir une mosquée grâce à un décret présidentiel mais ce n’est pas encore le cas.

              Pour Sainte-Sophie, c’est le même procédé qui fut suivi. Le Conseil d’État analysa la problématique sous différents angles et selon différents codes de lois, internationale et nationale, arriva à la décision que sa transformation en musée était illégale. Considérant l’acte de fondation appartenant à la fondation du Sultan Mehmet II rédigée en 1470, considérant l’acte de propriété enregistrée le 19/11/1936 au nom de la fondation du Sultan Mehmet II, considérant l’article 6 de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de l’UNESCO adoptée en 1972 et ratifiée par la Turquie en 1982 qui reconnait la souveraineté des pays sur les patrimoines « et sans préjudice des droits réels prévus par la législation nationale sur ledit patrimoine », considérant la loi n°2762 de 1935 (abrogée) et la loi n°5737 de 2008, il a été décidé par le Conseil d’État que sa transformation en musée était illégale et que sa fonction devait se conformer à l’acte de fondation et de propriété du Sultan Mehmet II, à savoir une mosquée.

              Enfin, si nous regardons objectivement, il n’est pas question ici d’un plan fomenté par Erdogan ou l’AKP depuis son arrivée au pouvoir pour s’accaparer ou voler Ayasofya en la transformant en mosquée (propos a ; e). C’est un long processus juridique ouvert par Ismail Kandemir en 2005 qui, au final, tenant compte des différentes lois nationales et internationales (propos b), a permis de réparer une erreur qui avait été commise en 1934. Toutefois, il parait évident qu’Erdogan se servira probablement de cet événement pour accroître sa popularité.

IV. Analyse du traitement médiatique de cette reconversion

Il est intéressant d’analyser ici la réaction des journaux cités au début de cet article, d’abord face à la conversion du monument en musée, ensuite face à sa reconversion en mosquée. Dans Le Monde du 12 et 13 juillet (propos c), le fait qu’Atatürk transforme la mosquée en musée est vu comme un événement merveilleux alors que cela va à l’encontre des lois, à l’encontre du droit de propriété, à l’encontre de la liberté religieuse mais quand le Conseil d’État, après un long procès et en respectant les différentes lois, ouvre la voie à la reconversion de Sainte-Sophie, finalisée par un décret présidentiel, c’est vu comme une insulte à la « Civilisation ». Ensuite, cette reconversion n’est en aucun cas synonyme de destruction ni d’effacement de l’Histoire (propos e ; f), c’est même une réparation : elle restera un monument ouvert à toutes et à tous, peu importe leurs convictions tout comme Notre-Dame de Paris. Il est consternant de voir une si grande contradiction dans les propos de M. Moïsi (propos g) qui parle de défaite de l’universalisme, ce concept qui n’a, d’ailleurs, rien d’universel. Il mentionne Notre-Dame de Paris qui devient « une merveille du monde » (précisons que c’est un lieu de culte) mais s’attriste en disant que réduire Sainte-Sophie (autre merveille du monde) à la célébration d’un culte, c’est l’appauvrir. Il faudrait savoir… De plus, l’Islam n’est en rien en quête de légitimité vu qu’elle est tout à fait légitime, et ce n’est pas la reconversion de Sainte-Sophie en mosquée qui allait changer ce fait. Dire aussi que l’Islam a subi « des siècles d’humiliation géopolitique et de rétrécissement géographique », c’est disposer d’une profonde méconnaissance de ce qu’est l’Islam. Pour terminer, il ne sera pas nécessaire d’analyser les propos de FOG (propos f) tellement ils sont bas dans l’échelle de l’intelligible. Avoir des propos qui nous rappellent directement l’orientalisme primitif et avoir recours à des raccourcis de ce genre est le signe d’un manque de connaissance historique sur le sujet.

Tabbahoğlu

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Sources et références

[1] Aujourd’hui en France, Sainte-Sophie redevient une mosquée, 11 juillet 2020, p. 5.

[2] Le Figaro, Erdogan réislamise Sainte-Sophie et défie à nouveau l’Europe, 11-12 juillet 2020, p. 7.

[3] Le Monde, Sainte-Sophie redevient une mosquée, 12-13 juillet 2020, p. 2.

[4] L’OBS, Transformer Sainte-Sophie en mosquée : le pari sans risque d’Erdogan, 14 juillet 2020, https://www.nouvelobs.com/monde/20200714.OBS31186/transformer-sainte-sophie-en-mosquee-le-pari-sans-risque-d-erdogan.html

[5] Le Point, Conversion forcée, 12 juillet 2020, https://www.lepoint.fr/editos-du-point/kamel-daoud-conversion-forcee-12-07-2020-2383998_32.php  

[6] Conseil français du Culte musulman.

[7] Mémoire d’Outre-tombe, livre 29, chapitre 12.

[8] Le Point, FOG – Au secours ! Les Ottomans reviennent !, 17 juillet 2020, https://www.lepoint.fr/editos-du-point/franz-olivier-giesbert/fog-au-secours-les-ottomans-reviennent-17-07-2020-2384599_70.php

[9] Les Échos, Sainte-Sophie ou la défaite de l’universalisme, 20 juillet 2020, p. 8.

[10] Sürekli Vakıflar Tarihi Eserlere ve Çevreye Hizmet Derneği

[11] Conseil d’État de la République de Turquie, 10è chambre, décision n°2020/2595, p. 1.

[12] Après la défaite de l’Empire ottoman de la Première Guerre mondiale et l’occupation de son territoire, commence une guerre d’indépendance en 1919 mené par les nationalistes turcs dirigé notamment par Mustafa Kemal Atatürk. Ils créeront la Grande Assemblée nationale le 23 avril 1920 qui sera le cœur de la future République de Turquie qui sera instaurée le 29 octobre 1923.

[13] Şer‘iyye ve Evkaf Vekâleti.

[14] Şer‘iyye ve Evkaf ve Erkânı harbiyei umumiye vekâletlerinin ilgasına dair kanun, Loi n° 429.

[15] Türk Kanunu Medenisi, Resmî Cerîde, 4 avril 1926.

[16] Ş. Şenel, Z. Tuyan, « 1926-1967 Yılları Arasında Türkiye Cumhuriyeti’nde Kurulan Tesisler (Vakıflar) », Akademik bakış, 3, 2009, 5, pp.123-141, p. 127.

[17] Kanunu Medeninin mer’i olmağa başladığı tarihten evvelki hadiselerin hukuki hükümleri, mezkür hadiseler hangi kanun mer’i iken olmuş ise yine o kanuna tabi kalır.

[18] Kanunu Medeninin meriyete vazından mukaddem vücuda getirilen evkaf hakkında ayrıca bir tatbikat kanunu neşrolunur.

[19] Loi n° 2762, publiée dans le Journal officiel le 13 juin 1935.

[20] Loi n° 5737, publiée dans le Journal officiel le 27 février 2008.

[21] T. Akar, « Vakıflar Genel Müdürlüğü ve Vakıf Kültür Varlıklarının Korunması », Erdem, 59, 2011, pp. 1-35, p. 10.

[22] T.C. Cumhurbaşkanlığı Devlet Arşivleri Başkanlığı, Cumhuriyet Arşivi (Ministère des Archives de l’État de la République de Turquie) : Fatih Sultan Mehmed’in Ayasofya Camii Vakfiyesi (H29/12/867).

[23] « Bu camiin Bizanslılardan kalma bir eser olması hasebile hiç bir vakfı olmadığı ve her ne kadar cami olduktan sonra Sultanlar ve Halk tarafından bazı gelirler bağlanmışsa da […] », T.C. Cumhurbaşkanlığı Devlet Arşivleri Başkanlığı, Cumhuriyet Arşivi : Ayasofya Camii’nin müzeye çevrilerek, çevresinde bulunan dükkanların yıktırılması (24/11/1934).

[24] Y. E. Çoruhlu, O. Demir, O. Yıldız, « Ayasofya Bilmecesi: Kilise, Cami, Müze, Hangisi ? », Türkiye Adalet Akademisi Dergisi, 7, 2016, 27, pp. 17-32, p. 22.

[25] Loi n°2587.

[26] T.C. Cumhurbaşkanlığı Devlet Arşivleri Başkanlığı, Cumhuriyet Arşivi : Erzurum Belediye Başkanlığına Durak Bey’in tayini (26/11/1934) ; 8. Kor. K. Adli Hakimliğine Ahmet Cemil Efendi’nin tayini (26/11/1934) ; Romanya Türklerinden ikizli Onotol, Nivogo Velodmir, Boylu oğlu ve Stayon oğlu Vasil’in parasız ve yatılı olarak Yüksek Mühendis Mektebi’ne alınmaları (27/11/1934).

[27] T.C. Cumhurbaşkanlığı Devlet Arşivleri Başkanlığı, Cumhuriyet Arşivi : Milli Eğitim Bakanlığı’nca müze ve müze deposu olarak kullanılacak bazı illerdeki Vakıf binalarının bakım ve onarım giderleri Devlet bütçesinden ödenmek üzere adıgeçen Bakanlığa tahsisi (29/08/1945).

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